Tout va bien dans ma vie mais…

Tout va bien dans ma vie mais…

L’article d’aujourd’hui s’adresse à tous ceux pour qui les choses ne roulent pas trop mal, qui n’ont objectivement pas de raisons de se plaindre de leur vie, mais qui ont quand même envie d’autre chose.
 

Vouloir plus, caprice ou nécessité ?

 
Prenez l’exemple de Julien, 25 ans, qui passe son temps à dire que tout va bien, qu’il a une belle vie. Il a une petite amie qu’il aime et avec qui il vit, un travail et des activités bénévoles dans une association sportive qui lui plaisent, et aucun problème de santé.
 
La première chose qu’on remarque, c’est la répétition de « tout va bien », « je ne peux pas me plaindre », « certains seraient contents d’avoir ce que j’ai ». Cela attire notre attention sur le mental de Julien, le côté logique et administratif de son cerveau qui analyse froidement la situation, et qui lui dit : tu n’as pas de raisons de te plaindre. Tu as un toit au dessus de ta tête, de quoi manger tous les jours, de l’amour dans ta vie, et des activités que tu aimes faire et que tu peux faire. Mais à côté de ça, le côté intuitif de Julien, son moi profond, lui souffle que ce n’est pas suffisant. D’où cet inconfort qu’il sent et qui lui pèse.
 

La première réponse à apporter bien sûr, c’est l’écoute. L’écoute de ces 2 parts de lui. Il ne suffit pas de changer de point de vue en donnant raison à la part intuitive, en niant la part logique. Il s’agit ici de regarder les 2 faces de son ressenti, et de les amener à se voir l’une l’autre. Car elles sont là, toutes les 2, et elles ont toutes les 2 leur utilité.

 
On a le droit d’avoir une vie sans problèmes apparents et de vouloir plus. De vouloir mieux. De chercher à être plus heureux, à être en accord avec nous-mêmes. Si l’inconfort est là, il faut agir. Car c’est le premier stade d’alerte. Julien est jeune, mais s’il ne regarde pas maintenant ce qui lui arrive, l’inconfort peut se transformer en problèmes de santé, récurrents ou réguliers, car nous sommes des êtres complets et complexes, et on ne peut pas nier une part de nous sans qu’un déséquilibre s’installe quelque part.

Il n’est pas nécessaire d’aller mal pour vouloir aller mieux.

 

Le poids de la société

 
Ce qui m’a frappé dans les rencontres que j’ai faites ces derniers mois, c’est l’approche des jeunes gens, entre 20 et 30 ans. Ils cherchent autre chose, ils veulent donner un sens à leur vie, et ils ont souvent le sentiment d’être incompris par une société et un entourage (familial, amical ou professionnel) qui n’a pas encore fait ce chemin.
Il reste très consensuel de ne pas se plaindre quand on souffre moins que les autres, ou quand on a plus que les autres. Avez-vous déjà entendu « fini ton assiette, des enfants n’ont rien à manger en Afrique » ou « ne te plains pas, tu as un travail, il y a des milliers de chômeurs » ?
Regardons objectivement ces propositions.
En quoi cela va-t-il aider les affamés du monde si je suis malade parce que j’aurai trop mangé ? Bien sûr il y a de la surproduction et du gaspillage ici, mais ce n’est pas parce que je mangerai plus qu’ils auront moins faim ! C’est peut être au contraire en achetant moins, que peu à peu les producteurs et industries reviendront à une production raisonnée et raisonnable.
Ce n’est pas parce que certains n’ont pas de travail que je n’ai pas le droit de dire que le mien ne me plaît pas. Il n’est pas question ici de se plaindre, pendant des années, sans rien faire pour que ça change. Il s’agit de regarder une vérité en face, et de l’exprimer pour qu’elle soit reconnue et acceptée. Premier pas vers le changement (connaissance, acceptation, action).
S’exonérer du poids de la société et du quand dira t on pour nommer l’inconfort que nous traversons, et nous permettre d’aller vers sa résolution.
 

Identifier l’origine de l’inconfort

 
Pour des personnes en souffrance comme Julien, le révélateur peut être très varié, mais la mise en mots de l’inconfort est en général nécessaire. Il faut dépasser les non-dits et tabous de la société pour oser regarder vraiment ce qui se passe pour soi.
 
Julien a un travail qui ne lui plait pas, et c’est un contrat en interim. Il est cependant inquiet de la fin de ce contrat, à la fois par peur de ne pas trouver autre chose, ou de trouver autre chose qui ne lui plairait pas plus.
 
Pour Julien, il est important de donner une place réelle à son inconfort. D’écouter cette part de lui qui souffre même si ce n’est pas logique pour la société ou les gens qui l’entourent. Ecouter sans jugement ce qui lui pose problème et accepter que cela n’enlève rien aux autres secteurs de sa vie.

On peut être heureux en amour et malheureux au travail. En bonne santé et divorcé. Pauvre et aimer son travail. Riche et fâché avec sa famille…

 

Tout va bien dans ma vie mais je veux aller encore mieux

 
Garder une part d’enfant :
Oser l’honnêteté, dire les choses telles qu’elles sont, et pas telles qu’on voudrait qu’elles soient.
Agir spontanément. Ecouter notre intuition qui sait où elle va, et utiliser notre logique à son service, car c’est avec ce fonctionnement en binôme complémentaire que tout nous est possible.

Continuer à rêver. Imaginer un autre monde, une autre vie, ou juste un autre jardin. Et le construire, peu à peu, et pas à pas. Car c’est la force de nos rêves accessibles qui nous fait avancer.

Ne pas nous contenter de chimères inaccessibles, réalisons nos rêves !
 
Yllae Tout va bien dans ma vie mais
 
Crédits photos : Pixabay