Philosophie taoïste : le Yin et le Yang

Philosophie taoïste : le Yin et le Yang

Bonjour !

Pour inaugurer la série « Principes philosophiques d’ici et d’ailleurs », je vous propose cette semaine un article sur le Yin et le Yang.

Vous en avez tous certainement entendu parler un jour ou l’autre, et vous connaissez probablement leur représentation graphique la plus connue en occident. Elle est déclinée sous toute sorte de graphismes, pour des produits ou services en général liés au bien être, aux civilisations asiatiques, mais qu’y a-t-il réellement derrière ce concept ?

Le Yin est en général associé au féminin, à l’obscurité, à l’arrière, à l’immobilité, au côté droit, à la montagne, aux chiffres pairs… Le Yang correspond alors au masculin, à la lumière, à l’avant, au mouvement, au côté gauche, à l’eau, aux chiffres impairs

Cette distinction n’est pas vraiment fausse, mais c’est une vision codifiée d’un système à la fois plus simple et plus vaste.

Si vous regardez autour de vous, que voyez-vous ? Prenons un exemple simple avec la photo suivante :

Yllae Yin Yang noir

Rien n’y est visible, n’est-ce-pas ? Essayons alors avec une 2° photographie :

Yllae Yin Yang portrait noir et blanc

Celle-ci est nettement plus lisible. Pourquoi ? Parce que l’ombre a besoin de la lumière pour exister, tout comme la lumière n’existe pas sans ombre… Qui n’a jamais apprécié une terrasse à l’ombre en pleine canicule ? C’est-à-dire que chaque élément n’est perceptible que parce que son contraire est là. La vie n’a de valeur que parce que la mort vient y mettre un terme. Le mouvement ne se distingue que parce que l’immobile attend. Mon côté droit me sert de référence par rapport à mon côté gauche.

Yllae Yin Yang montagne

D’ailleurs que cet exemple nous permet d’aller beaucoup plus loin en parlant du mouvement. Non pas le mouvement Yang cité plus haut, mais le mouvement perpétuel d’un état à l’autre qui est le cycle de la vie. Le jour passe de l’ombre à la lumière puis de la lumière à l’ombre, et la nuit lui succède dans un rythme similaire. De l’autre côté de la montagne se trouve une nouvelle vallée, un torrent, une rivière… puis une autre montagne…

Yllae Yin Yang chute Niagara

Nos côtés gauche et droit sont mêlés. Pas emmêlés, encore que j’ai parfois besoin d’aide pour distinguer ma vraie gauche de mon « autre gauche », mais mêlés tout simplement parce que le côté droit de notre cerveau commande à notre main gauche, tandis que le côté gauche de notre cerveau commande à notre main droite*. Cela démontre parfaitement la nécessité d’accepter les 2 états d’un élément, indissociables l’un de l’autre. Notre hémisphère gauche abrite un système d’analyse et de catégorisation logique, tandis que notre hémisphère droit nous donne une perception globale. Chacun a son utilité et il est intéressant d’utiliser au maximum leur potentiel, et non pas de privilégier l’un aux dépends de l’autre. Assister au glissement d’un état à l’autre, où la part de chaque élément fluctue au rythme du temps, dans une évolution perpétuelle. Car chaque grain de sable, chaque accroc, chaque choc viennent perturber cette transformation, et déséquilibrer ce bel ensemble.

C’est d’ailleurs de cela dont il s’agit ici finalement. D’accepter et de respecter le féminin et le masculin, l’ombre et la lumière, le mobile et l’immobile… de rechercher un état d’équilibre et d’harmonie… d’accompagner l’évolution de l’un vers l’autre, puis de l’autre vers l’un.    

Yllae Yin Yang méditation

 

*Source « Dessiner grâce au cerveau droit » de Betty Edwards, théorie de Robert Sperry sur la double nature de la pensée humaine.

 

Crédits photos : Pixabay